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Quand Wathelet fait déborder le vase

par Barbara Trachte le 17 octobre 2014

Ca fait donc plusieurs semaines que la vie politique a repris, et la mienne aussi, au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles et tout récemment seulement (on aurait bien voulu plus tôt) au Parlement bruxellois.

Ca fait donc aussi plusieurs semaines que je me demande avec quoi je vais reprendre mon blog. Les sujets ne manquent vraiment pas: entre cette expérimentation funeste du MR au fédéral et les annonces tellement décevantes des majorités régionales et communautaires, il y a malheureusement le choix. Le travail ne va pas manquer, j’y reviendrai.

C’est un événement récent qui me vaut un premier coup de gueule, et un nouveau premier post sur mon blog. C’est sans doute la goutte qui fait déborder un vase déjà bien trop rempli, mais je voulais le partager avec vous.

Les réseaux sociaux répercutent cette semaine le débat qui se tenait à la Chambre, suite à la déclaration de gouvernement de Charles Michel.

J’y lis que Melchior Wathelet, qui n’est rien moins que le Secrétaire d’Etat à l’énergie sortant, a tenu les propos suivants :

« Moi, sur le nucléaire, j’ai évolué. Je n’ai pas peur de le dire. Je ne comprenais pas pourquoi on en sortait. Maintenant je comprends. Je vous jure que je comprends. L’insécurité en termes de sécurité d’approvisionnement dans laquelle la Belgique se trouve aujourd’hui est due au nucléaire.
Si aujourd’hui, nous avons un problème de sécurité d’approvisionnement, c’est parce qu’aujourd’hui, toute notre sécurité d’approvisionnement est soit disant basée sur l’infaillibilité du nucléaire. Et ce nucléaire n’est pas infaillible, il est faillible. On le sent, on le voit cet hiver, c’est maintenant. Comment peut-on, en faisant un accord de gouvernement, se dire: je constate que le nucléaire n’est pas disponible, je constate qu’il ne peut pas assurer ma sécurité d’approvisionnement mais ce que je vais faire, c’est le garder encore plus longtemps? »

Illustration de B. Erkes, En attendant la fin du monde.

Je pourrais, comme écologiste, me réjouir de cette reconversion, en souriant peut-être au timing.

J’en suis au contraire écœurée.

Il n’y a certes que les imbéciles qui ne changent jamais d’avis. Mais on ne me fera pas croire que cette reconversion lui est apparue telle une révélation, la nuit précédente. Jamais, en 4 ans, on a entendu le Secrétaire d’Etat à l’énergie qu’il était exprimer cette idée. Jamais alors qu’il était au cœur de l’information sur ce dossier. Jamais, pas même à titre personnel, ou en s’adressant à ses électeurs pendant la campagne électorale. J’ai donc la faiblesse de croire qu’il n’a donc jamais défendu cette idée en gouvernement non plus, alors qu’il était en responsabilité.

Aujourd’hui dans l’opposition, alors qu’il s’agit de taper haut et fort sur un gouvernement dont il ne fait pas partie, voilà qu’il nous dévoile son opinion sur ce dossier qu’il connaît bien. Le nucléaire est faillible, il faut en sortir.

Comment ensuite défendre devant les citoyens que l’on fait de la politique par conviction, qu’on se bat pour les idées auxquelles on croit, pour un projet de société qu’on s’engage à défendre après l’avoir exposé sincèrement aux électeurs.

Comment ensuite convaincre que la politique n’est pas un cirque, une pièce de théâtre, un jeu de dupes, où l’on ment aux citoyens électeurs.

Je ne remets pas en cause la sincérité de Melchior Wathelet, ni son droit à voir ses opinions évoluer. Il a changé d’avis, et, au bout du compte, il a raison. Mais cette technique qui consiste à n’exprimer publiquement son opinion qu’au fil des opportunités, ça mine la confiance, ça tue la politique.

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